L’imposition de tarifs douaniers de plus de 25 % sur une large gamme de produits canadiens exportés aux États-Unis, bien que reportée de 30 jours, reste une menace tangible pour l’économie canadienne. Quel pourrait être l’impact de cette situation sur le secteur philanthropique ? Comment les organisations peuvent-elles se prémunir contre ses effets négatifs ?
L'impact des tarifs douaniers sur l'économie canadienne
Les économistes avaient anticipé une croissance de 2 % pour l’économie canadienne en 2025. Toutefois, l’imposition de tarifs pourrait entraîner une récession, avec une baisse estimée de 2,5 %, voire jusqu’à 6 % en cas d’escalade d’une guerre commerciale entre le Canada et les États-Unis. Une telle situation pourrait perturber gravement la stabilité économique du pays (source : Analyse statistique sur les impacts des tarifs américains sur l’économie québécoise | BCF Avocats d’affaires).
Comparativement aux récessions passées, comme celle de 1981-1982, où l’économie a diminué de 5 % en termes de production et d’emplois, une guerre commerciale pourrait avoir des répercussions encore plus graves (source : Ralentissements durant les périodes de croissance économique). La récession de 2008-2009 a entraîné une baisse de 13,2 % des contributions philanthropiques, comme le souligne le magazine Forbes (How To Strategically Engage In Philanthropy During Crisis).
Les conséquences pour le secteur philanthropique
Les organisations philanthropiques, déjà fragiles face à des réductions de fonds, pourraient se voir confrontées à une réduction importante de leurs revenus en raison de la baisse des contributions privées. En période de récession, les entreprises, les particuliers et même les fondations privées, dont les revenus sont impactés, réduiront probablement leurs dons. Cette situation pourrait être particulièrement préoccupante pour les organisations qui dépendent des contributions volontaires.
L’impact serait particulièrement ressenti dans les régions où les secteurs économiques les plus touchés par ces tarifs sont présents. Par exemple, l’industrie automobile dans le sud de l’Ontario ou les régions manufacturières du Québec (Saguenay-Lac-Saint-Jean, Chaudière-Appalaches, Centre-du-Québec) pourraient faire face à des pertes d’emplois, réduisant ainsi la capacité des individus à soutenir les causes philanthropiques.
Comment les organisations philanthropiques peuvent se préparer à une crise économique ?
Face à cette incertitude économique, il est crucial pour les organisations philanthropiques de prendre des mesures proactives. Voici quelques stratégies essentielles pour se préparer :
- Communiquer avec vos partenaires, donateurs et donatrices : Il est important d’informer vos personnes donatrices actuelles de l’impact des tarifs douaniers et de la guerre commerciale sur vos revenus, mais aussi sur les services nécessaires pour votre clientèle.
- Diversifier les sources de financement : Si les dons individuels diminuent, il peut être utile de solliciter davantage les fondations privées, les entreprises et les personnes bien nanties, qui ne seront pas directement affectées par cette crise.
- Miser sur les appels à la solidarité : Souvent, les personnes donatrices sont plus généreuses lorsqu’elles sont invitées à soutenir une cause en période de crise. Expliquez clairement l’urgence de la situation et la manière dont leurs contributions peuvent avoir un impact direct.
L'incertitude économique et son impact sur les dons
L’incertitude liée à la guerre commerciale et à la fluctuation des tarifs douaniers risque de perturber l’économie pendant plusieurs années. En période de récession, l’impact sur les contributions philanthropiques est souvent immédiat. Les individus et les entreprises affectés par la crise réduisent leurs dons. Cependant, les organisations peuvent bénéficier d’une prise de conscience accrue chez les donateurs et donatrices plus fortunés, prêts à compenser la baisse des contributions des autres.
Les récessions passées, comme celle de 2008, ont montré que les contributions peuvent chuter. Cependant, elles peuvent aussi rebondir dès qu’une solution se profile à l’horizon. En attendant, il est impératif que les organismes communiquent de manière transparente sur leurs besoins et sur l’impact direct de la crise sur leurs activités.
Une période d'incertitude mais aussi de solidarité
Il est à espérer que ce conflit puisse se résoudre par la négociation, mais il est indéniable que nous entrerons dans une période d’incertitude et d’instabilité économique. Les organisations philanthropiques doivent dès à présent se préparer à cette éventualité, en mettant en place des stratégies de communication et de financement adaptées à la crise à venir.
Les leçons tirées des récessions passées nous montrent qu’en période difficile, les donateurs et donatrices se montrent souvent d’autant plus généreux lorsque nous faisons appel à leur solidarité. Dans cette dynamique, chaque action compte pour atténuer les effets négatifs de cette crise économique imminente.