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3 questions à Estelle Voyer

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3 questions à Estelle Voyer

Estelle Voyer, lauréate de la Bourse Jean-Robert Nolet, édition 2026.

Afin d’honorer l’un de ses cofondateurs, BNP Inspire a créé en 2017 la Bourse Jean-Robert Nolet, destinée à soutenir la formation et le perfectionnement des professionnel(le)s et étudiant(e)s en philanthropie.

C’est dans cet esprit que nous sommes heureux de vous présenter notre lauréate 2026 : Estelle Voyer, Conseillère en développement philanthropique, Faculté des arts et des sciences, Université de Montréal.

Titulaire d’un DESS, Estelle est engagée dans le milieu philanthropique tant sur le plan professionnel que personnel. Elle est notamment membre du Cercle des jeunes philanthropes du Musée des beaux-arts de Montréal et siège au conseil d’administration de la Fondation du Cégep de Rosemont. Un parcours qui témoigne de son intérêt pour le développement du secteur et de son désir de continuer à apprendre et à contribuer à son évolution.

En trois questions, découvrez son profil, ses engagements et sa vision de la philanthropie:

1. Comment décririez-vous la situation actuelle du secteur philanthropique ?

À mon avis, le secteur philanthropique québécois est actuellement en pleine transformation. Les organisations doivent composer avec une compétition accrue pour rejoindre un bassin limité de donateurs, dans un contexte économique qui exerce également une pression sur les engagements philanthropiques.

Je crois toutefois que cette réalité représente aussi une occasion de repenser nos façons de faire. Le secteur gagnerait notamment à miser davantage sur la collaboration entre les organisations, à partager les bonnes pratiques et à travailler collectivement au développement d’une culture philanthropique plus forte.

Les attentes des donateurs évoluent aussi, particulièrement chez les nouvelles générations. Elles recherchent davantage de transparence, souhaitent comprendre l’impact concret de leur contribution et veulent souvent s’impliquer plus activement auprès des causes qu’elles soutiennent. Cela pousse les organisations à renforcer la reddition de comptes, la mesure d’impact et la qualité des relations avec leurs donateurs.

En somme, le secteur philanthropique québécois demeure vivant et dynamique, mais il évolue dans un contexte exigeant. Sa capacité à miser sur des relations authentiques, sur la fidélisation et sur une plus grande collaboration entre les acteurs sera essentielle pour la suite.

2. Comment voyez-vous le futur de la philanthropie ?

Je crois que l’avenir de la philanthropie sera avant tout relationnel. Dans un contexte où les sollicitations se multiplient, les organisations devront miser davantage sur la qualité et l’authenticité des relations avec leurs donateurs. Cela implique de passer d’une logique de transaction et de volume à une approche fondée sur la fidélisation, l’écoute et la création de liens à long terme.

Je crois également que l’avenir passera par une meilleure capacité à rejoindre de nouvelles générations et des communautés plus diversifiées. Le transfert intergénérationnel de richesse qui s’amorce représente à cet égard une occasion importante pour le secteur, qui devra savoir adapter ses approches aux valeurs et aux attentes de cette nouvelle génération de philanthropes.

La technologie transformera aussi les pratiques. Les données, l’intelligence artificielle et les outils d’analyse permettront de mieux comprendre les donateurs et de personnaliser les approches, mais ils devront demeurer au service de la relation humaine. Le jugement, l’écoute et la sensibilité des professionnels resteront essentiels.

L’avenir du secteur passera donc, selon moi, par une philanthropie plus relationnelle, collaborative et capable d’intégrer les nouvelles technologies sans perdre de vue l’humain.

3. Pouvez-vous nous parler de votre engagement et de votre contribution à l’avenir du secteur ?

Mon engagement philanthropique se manifeste autant dans ma pratique professionnelle que dans mes implications personnelles.

Je suis membre du Cercle des jeunes philanthropes du Musée des Beaux-Arts de Montréal, une expérience qui me permet de découvrir la philanthropie du point de vue du donateur, de mieux comprendre ce qui favorise le sentiment d’appartenance et l’engagement à long terme, et de côtoyer une nouvelle génération de philanthropes.

Je siège également au conseil d’administration de la Fondation du Cégep de Rosemont, ce qui me permet de découvrir une autre facette du secteur, notamment celle de la gouvernance et de la stratégie organisationnelle. Je consacre aussi du temps à accompagner de plus petits organismes qui n’ont pas toujours accès à une expertise spécialisée en développement philanthropique.

Ma contribution à l’avenir du secteur passe par :

  • L’accompagnement des donateurs dans une démarche philanthropique qui a du sens pour eux, fondée sur l’écoute, le respect de leurs motivations et la création d’une relation de confiance ;
  • Le développement continu de mes compétences et de mes connaissances ;
  • Une pratique rigoureuse et éthique qui contribue à renforcer la confiance envers la philanthropie ;
  • Une approche plus collaborative du secteur, fondée sur le partage des bonnes pratiques et les échanges entre organisations.

Je crois que l’avenir de la philanthropie se construit au quotidien, dans la façon dont nous choisissons d’exercer notre métier et de contribuer à notre milieu. C’est dans cette direction que je souhaite poursuivre mon engagement et contribuer à un secteur plus fort, plus inclusif et plus durable.

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