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Le communautaire n’est pas “à boutte”, il est rendu indispensable et on l’appuie jusqu’au boutte !

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Le communautaire à boutte

Le communautaire n’est pas “à boutte”, il est rendu indispensable et on l’appuie jusqu’au boutte !

Par Christian Bolduc, président de BNP Inspire

Depuis plus de 25 ans, je travaille aux côtés d’organismes partout au Québec et au Canada. Je les ai vus naître, grandir, se transformer. Mais surtout, je les ai vus tenir à bout de bras ce que notre société refuse parfois de regarder en face.

Aujourd’hui, avec le mouvement « Le communautaire à boutte », ce n’est pas seulement un cri du cœur qu’on entend, c’est un signal d’alarme collectif. Et il serait dangereux de le banaliser.

Plus de 1 600 organismes se sont mobilisés à travers le Québec, certains allant jusqu’à suspendre leurs services pour se faire entendre. Dans un réseau qui compte près de 4 500 organismes communautaires, ce n’est pas anodin.

Oui, le milieu est épuisé. Oui, les équipes sont à bout de souffle. Oui, le sous-financement est réel et documenté. Mais soyons lucides, ce qui est en train de se passer va bien au-delà d’un problème budgétaire. Nous sommes en train de demander au communautaire de compenser les failles structurelles de notre système actuel.

Les organismes communautaires doivent composer avec une demande de services en forte hausse, notamment en raison de la crise du logement, de l’itinérance, de l’inflation, des besoins en aide alimentaire et des enjeux de santé mentale, sans que le financement suive au même rythme.

Logement, santé mentale, isolement, pauvreté : quand ça lâche, c’est vers les organismes qu’on se tourne. Ils répondent toujours présent, trop souvent sans les moyens à disposition.

Ils ne jouent plus un rôle complémentaire, ils sont devenus un pilier pour le bon fonctionnement de nos communautés. Pourtant, on continue de les financer comme s’ils étaient accessoires !

Le vrai problème : une incohérence collective

Nous voulons un Québec plus humain, plus équitable et plus inclusif. Cependant, nous finançons ces ambitions à coups de projets ponctuels, d’appels à projets instables et de budgets insuffisants.

Récemment, une hausse d’environ 20 millions de dollars a été annoncée pour le milieu communautaire. Malheureusement, rapportée à l’ensemble des organismes, cela reste largement insuffisant pour répondre aux besoins croissants du terrain.

Nous applaudissons l’innovation sociale, mais nous refusons de donner la stabilité nécessaire pour la maintenir. Nous valorisons la proximité avec les citoyens et citoyennes, mais nous épuisons les gens qui la rendent possible.

Le constat est qu’il faut arrêter de se raconter des histoires. Le communautaire n’a pas besoin de compassion, il a besoin de décisions. Les revendications du mouvement « Le communautaire à boutte » sont bien connues : augmentation du financement pour déployer les programmes et services, meilleures conditions de travail, reconnaissance et autonomie.

Ce ne sont pas des demandes injustifiées. Ce sont les conditions minimales pour que le système tienne parce que si le communautaire flanche, c’est toute la chaîne sociale qui encaisse le choc.

Les efforts mis à la mauvaise place sur le terrain

Je vois des directions générales qui passent plus de temps à courir après du financement qu’à développer leur mission. Je vois des équipes compétentes quitter le secteur parce qu’elles n’en peuvent plus. Ce n’est pas surprenant, le milieu doit composer avec des salaires moins compétitifs, une surcharge de travail et une instabilité financière chronique. Je vois des organismes refuser des personnes, non pas par manque de volonté, mais par manque de capacité. En parallèle, je vois des organisations extraordinaires, capables d’un impact immense… mais constamment freinées.

Le potentiel est là, mais les moyens ne suivent pas. Bien que nous appuyons le développement de sources de financement philanthropiques, l’apport du secteur privé n’arrive pas à répondre à l’augmentation de la demande.

Le communautaire n’est pas un fardeau financier, c’est un levier stratégique pour limiter les coûts sociaux, humains et économiques qui sont bien plus élevés à long terme lorsque la société s’essouffle et que les filets de sécurité de tiennent plus. Il s’agit d’un investissement qui crée du lien, de la résilience et de la dignité. Et pour le maintenir, il faut sortir d’une logique de survie pour entrer dans une logique de développement.

Pour avancer concrètement

On ne réglera pas la situation avec des ajustements à la marge. Il faut un choix clair, politique et de société. Soit nous continuons de considérer le communautaire comme un « plus » et nous acceptons qu’il s’essouffle, soit nous reconnaissons enfin qu’il est essentiel pour agir en conséquence.

Le mouvement « Le communautaire à boutte » ne devrait pas être perçu comme une crise. Il devrait être vu comme une opportunité, celle de remettre de la cohérence entre ce que nous mettons en avant et ce que nous finançons réellement.

Parce qu’au fond, la question n’est pas de savoir si le communautaire va tenir. La vraie question est est-ce qu’on va enfin lui donner les moyens d’être à la hauteur de ce qu’on attend de lui ?

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